Tadjikistan : les postes-frontières avec l’Afghanistan contrôlés par les talibans

L’inquiétude grandit au Tadjikistan alors que s’approche l’échéance d’un retrait complet des troupes américaines d’Afghanistan, prévu pour le 11 septembre prochain. Les combattants talibans avancent en effet de plus en plus rapidement au nord de l’Afghanistan, jouxtant désormais les frontières des pays voisins et notamment les 1 344km qui bordent le Tadjikistan.

Le 22 juin, l’échec des forces gouvernementales afghanes à contenir les talibans hors de la ville de Shir Khan Bandar, important hub frontalier avec le Tadjikistan doté d’un pont financé il y a quelques années par les Américains, a provoqué la fuite de 134 soldats afghans venus se réfugier de l’autre côté de la frontière. Le lendemain, c’est le ministère ouzbèke des Affaires étrangères qui annonçait que 53 soldats afghans armés venaient, eux aussi, de se réfugier en Ouzbékistan (Tachkent les a renvoyés en Afghanistan, à la différence de Douchanbé qui a annoncé vouloir soigner et garder au moins temporairement les soldats). Depuis le 25 juin, les trois districts de la province de Kunduz, qui borde le Tadjikistan, seraient passés sous contrôle taliban. De fait, tous les postes-frontières afghans avec le Tadjikistan sont désormais aux mains des talibans.

Les inquiétudes de Douchanbé portent sur les risques de débordement provenant des talibans afghans mais également sur le rôle des islamistes radicalisés du Tadjikistan ou d’Ouzbékistan qui combattent dans les rangs des talibans ou d’autres groupes militants comme le Jamaat Ansarullo. Elles portent également sur la capacité d’accueil de réfugiés : actuellement, le pays s’estime en mesure de recevoir jusqu’à 10 000 Afghans s’il venaient à demander l’asile. Mais l’appel pourrait être bien supérieur.

 

Sources : Azatlyk, RFE/RL, RFI, Eurasianet.org, Al Jazeera.

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