Depuis sa prise de fonction en 2021 en tant que Haut Représentant international en Bosnie-Herzégovine, Christian Schmidt est l’objet d’attaques de la part des nationalistes serbes, en particulier du gouvernement local de République serbe de Bosnie.
Après avoir défié l’autorité du Bureau du Haut Représentant en refusant de promulguer ses lois, le président Milorad Dodik, leader des nationalistes bosno-serbes, a été condamné définitivement à un an de prison et à une interdiction d’exercer toute fonction publique pendant six ans en août 2025.
En représailles, le 20 novembre, le ministre du Commerce extérieur et des relations économiques Staša Košarac, proche de M. Dodik, a envoyé au Bureau du Haut Représentant un courrier officiel, rédigé en serbe et intitulé Lettre à l’occupant. Il était accompagné d’un sac contenant un casque de la Waffen-SS. S. Košarac a précisé dans son pli qu’il ne s’agissait pas d’un « cadeau » mais de « l’héritage » des ancêtres de C. Schmidt « en tant qu’occupant », référence nauséabonde à l’occupation de la Serbie yougoslave par l’armée nazie du 3e Reich entre 1941 et 1945, qu’il comparait à la tutelle actuelle du bureau du Haut Représentant.
Le ministre a également précisé dans sa lettre qu’il était temps pour son interlocuteur « de quitter ce pays [la Bosnie-Herzégovine], où il n’aurait jamais dû être autorisé à entrer ». Selon lui, désormais, le peuple bosnien « devait décider de son propre destin sans lui ». Cette initative a suscité de nombreuses réprobations, notamment celle de l’ambassade d’Allemagne qui s’est dite choquée par cette initiative de la part d’un membre du gouvernement de Banja Luka. De leur côté, la chaîne de télévision et le portail Radio Sarajevo ont décrit le comportement du ministre comme « scandaleux ».
Sources : Slobona Bosna, N1, Die Welt, Die Presse.