La vice-Première ministre, Belinda Baluku, également ministre des Infrastructures, a été accusée par l’opposition d’avoir utilisé des fonds publics afin de favoriser certaines entreprises dans le cadre de grands projets d’infrastructures. Elle a immédiatement rejeté ces allégations, soutenue par le gouvernement. Cependant, le Parquet spécial en charge des affaires de corruption et de crime organisé a requis la levée de l’immunité de B. Baluku et son arrestation, crédibilisant aux yeux d’une partie de l’opinion publique les accusations portées à l’encontre de la vice-Première ministre.
Le Parti démocrate de l’ancien président et Premier ministre Sali Berisha avait appelé à un rassemblement le 22 décembre devant les locaux accueillant le bureau du Premier ministre Edi Rama, afin d’exiger la démission du gouvernement. Des milliers de manifestants de sont mobilisés, avec pour slogan « À bas la narco-dictature ! ». S. Berisha et ses proches collaborateurs, présents, ont confié aux journalistes leur grande satisfaction face à cette mobilisation massive des sympathisants de l’opposition. Le chef du Parti démocrate a qualifié ce rassemblement d’historique et ses participants de « combattants de la liberté ». Pour S. Berisha, le bureau du Premier ministre et le Parlement, dominé par le parti d’Edi Rama, sont « les centres du crime » ; quant au Premier ministre, « assiégé, il n’a aucune issue. S’il ne démissionne pas, nous le destituerons ».
Les esprits s’échauffant, le rassemblement a brutalement dégénéré, certains manifestants n’hésitant pas à affronter les forces de l’ordre pour tenter de pénétrer dans les locaux gouvernementaux, quelques-uns lançant même des cocktails Molotov sur le bâtiment.
Sources : Radio Svobodna Evropa, Piranjat, Reuters.