En 2025, les ventes de gaz réalisées par Gazprom en Europe n’ont été que de 18 Mds de m3, soit 44 % de moins qu’en 2024. Elles ont été acheminées par le gazoduc TurkStream, le seul restant en activité entre Russie et Europe : la voie ukrainienne a été interrompue début 2025, Moscou refuse depuis 2022 d’utiliser Yamal et Nord Stream a explosé en septembre 2022.
Ce volume de 18 Mds de m3 représente le niveau le plus bas d’exportations de gaz russe vers l’Europe depuis le début des années 1970 : en 1975, l’URSS avait livré 19,3 Mds de m3, puis 54,8 en 1980 et 110 au début des années 1990. Le volume a atteint son pic en 2018-2019, avec 170-180 Mds de m3 par an, représentant environ 80 % des ventes russes de gaz à des pays ne relevant pas de l’ancien espace soviétique.
Désormais, c’est la Chine qui est le premier importateur de gaz russe, avec 38,8 Mds de m3 en 2025 via le gazoduc Force de Sibérie (Pékin achète ce gaz au rabais, au prix de 248 $/1 000 m3). Par ailleurs, 78 Mds de m3 ont été exportés en 2025 vers les pays de la CEI.
Les efforts déployés depuis 2022 par Moscou pour tenter de trouver de nouveaux débouchés rentables n’ont pas vraiment été couronnés de succès à ce stade. Notamment, le projet de création d’une plateforme d’échange de gaz en Turquie (qui reste le 2e plus gros client de Gazprom après la Chine) semble au point mort, alors qu’Ankara refuse de signer de nouveaux accords de livraison à long terme (le contrat pour 22 Mds de m3 par an qui est arrivé à échéance fin 2025 n’a été reconduit que pour un an, au grand dam de Gazprom).
L’Union européenne, de son côté, vient de s’engager à mettre fin à toutes ses importations de gaz russe d’ici l’automne 2027.
Sources : The Moscow Times, Reuters, OilPrice.com.