Bélarus : manifestations de la diaspora aux frontières pour appeler l’UE à renforcer les sanctions

Le long des frontières polonaise et lituanienne avec le Bélarus, des membres de la communauté bélarusse en exil ont commencé à manifester le 5 juin 2021. L’opération, qui doit se prolonger plusieurs jours, se déroulent aux postes frontières de Babrouniki-Berastavitsa (Pologne) et de Medininkai (Lituanie).

Certains manifestants, brandissant des drapeaux blanc-rouge-blanc, ont fait part de leurs sentiments, évoquant un nouveau rideau de fer en train de se mettre en place au cœur de l’Europe. Pour ceux qui se sont réfugiés en Pologne ou en Lituanie au cours de la dernière année, la situation semble inextricable. Ils évoquent des familles brisées et le sentiment que leurs compatriotes, de l’autre côté de la frontière, sont désormais en cage.

La frontière terrestre du Bélarus avec la Pologne a été fermée la semaine dernière par décision d’A. Loukachenka, officiellement en raison de la pandémie de Covid-19. Elle ne reste ouverte que pour le trafic de marchandises. Jusque récemment, il était possible à certains résidents de se rendre au Bélarus munis d’un visa polonais mais, depuis le détournement de l’avion de ligne de Ryanair par les autorités bélarusses, cette possibilité a disparu.

Pour certains des manifestants, cette décision relève aussi de la politique de violence des autorités et atteste leur illégitimité : « C’est effrayant. Les gens n’ont plus qu’à traverser la frontière illégalement ou finir en prison. » « Beaucoup voudraient partir parce que tout le monde est fatigué de vivre dans la peur. »

Conscients que la fermeture de l’espace aérien européen aux vols bélarusses contribue à entraver toute possibilité de fuite, les manifestants estiment que l’entière responsabilité de la situation repose sur A. Loukachenka. L’opposante Svetlana Tsikhanouskaïa, réfugiée depuis l’été en Lituanie, a quant à elle appelé le président en exercice à laisser la frontière terrestre ouverte pour les évacuations d’urgence afin de laisser une chance à ceux qui veulent fuir le régime.

Les manifestants prévoient de rester sur place trois jours ; au-delà, si l’UE n’a pas pris de mesures plus radicales, ils envisagent de bloquer le trafic des camions afin d’alerter l’UE sur la nécessité de renforcer les sanctions économiques : « Les Bélarusses n’ont pas le temps pour des actions mesurées. Nous demandons à l’Europe d’adopter des mesures massives, immédiates et efficaces. » L’Union européenne a menacé de bloquer les exportations de pétrole, de gaz et de potasse en provenance du Bélarus.

Pour le président du Comité de gestion de crise Pavel Latushka, ancien ministre de la Culture et ex-ambassadeur à Paris exilé en Pologne, l’opposition craint que les mesures de l’UE ne soient pas suffisantes : « Nous ne pouvons pas attendre que le régime de Loukachenka commette un autre crime. Il est temps de passer à l’action. »

Dans le même temps, Vilnius s’est dit inquiet d’une croissance importante au cours des dernières semaines du franchissement illégal de la frontière avec le Bélarus par des migrants venus d’Irak et de Syrie.

Sources : The Moscow Times, Comité de gestion de crise, LRT.lt, RFE/RL.

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