Bulgarie : les raisons de la démission du président Roumen Radev

Après plusieurs semaines de manifestation anti-corruption et anti-gouvernement, le Premier ministre Rosen JelIazkov a remis la démission de son cabinet le 11 décembre. Le président Roumen Radev a alors réalisé les consultations d’usages en vue de la formation d’un nouveau gouvernement, mais ces démarches s’avérant vaines, de nouvelles élections anticipées sont convoquées pour le printemps 2026.

Afin de se faire élire député et de prendre éventuellement la tête d’un gouvernement, R. Radev, encore très populaire auprès d’une large frange de l’électorat, a décidé de mettre fin prématurément à son second mandat. Le 19 janvier, il a annoncé sa démission, précisant que la vice-Présidente Iliana Yotova (Parti socialiste bulgare) achèverait le mandat présidentiel jusqu’à la tenue des prochaines élections. Le choix du 19 janvier pour cette annonce ne doit rien au hasard : il s’agit de la date anniversaire de sa prestation de serment devant l’Assemblée nationale pour son second mandat présidentiel, en 2022.

Le régime bulgare est parlementaire et non présidentiel ou semi-présidentiel. Ce sont le Parlement et le gouvernement qui ont le pouvoir et non le chef de l’État. Pour peser dans la vie politique bulgare, il faut donc concourir à la députation et être à la tête de la formation dominante pour parvenir à former un nouveau gouvernement.

R. Radev misera très probablement sur une rhétorique anticorruption, qu’il a incarnée pendant des années. Il a dans son dernier discours critiqué le fonctionnement du régime actuel, qu’il estime corrompu et qu’il souhaite voir changer.

Fatiguée par l’instabilité politique et ayant une confiance très modérée dans les partis politiques siégeant au Parlement, l’opinion publique bulgare est favorable à l’avènement d’une nouvelle formation sur la scène politique. R. Radev, qui propose un « nouveau contrat social » à ces concitoyens, semble réunir nombre d’atouts pour bouleverser l’ordre politique actuel et, peut-être, menacer la position dominante du GERB (centre droit). Le terrain est d’autant plus favorable pour lui que la population est inquiète des conséquences de l’adhésion de la Bulgarie à la zone euro depuis le 1er janvier. Calme et posé, R. Radev, ancien officier supérieur de l’armée, incarne une forme de sécurité et de valeurs auxquelles aspirent un certain nombre de Bulgares.

Sources : Kapital, Mediapool, 24 chasa.