Bulgarie : six morts suspectes suscitent l’émoi de l’opinion publique

Une affaire judiciaire de morts suspectes sidère le pays depuis le 2 février et tient les médias en haleine. Les Bulgares ont cependant dû attendre patiemment la conférence de presse conjointe des autorités policières et judiciaires du 9 février pour avoir connaissance des premiers éléments recueillis par les enquêteurs et communicables à la presse.

Le soir du 1er février, l’incendie d’un refuge du col de Petrohan (Stara planina), difficile d’accès, a été signalé aux services d’urgence. Sur place le 2 février, les secours ont retrouvé à l’extérieur du chalet les corps sans vie de trois hommes âgés de 45 à 51 ans, ainsi que deux pistolets et un fusil. Les morts ont été causées par des tirs à bout portant.

Une semaine après, trois autres corps ont été découverts dans un camping-car stationné près du pic Okolchitsa. Ces dépouilles étaient celles de deux hommes et d'un adolescent, dont celui d'Ivaylo Kalushev, âgés de 51 ans. L'adolescent a été retrouvé en position accroupie, les doigts entrelacés dans une posture de prière et portait, comme les deux autres victimes, une blessure à la tête. Des projectiles et des douilles ont été récupérées dans la caravane.

Les six personnes appartiendraient à une communauté, « les rangers », vivant en marge de la société et dirigée par I. Kalushev. C’est à ce dernier qu’appartenait le revolver à l’origine des décès causés par une arme à feu à Okolchitsa.

Les enquêteurs s’orientent vers le scenario suivant : les hommes du chalet se seraient suicidés et la caravane aurait été le lieu de deux meurtres suivis d’un suicide. L’auteur des meurtres n’a pas été identifié. Les investigations ne font que débuter, mais cette affaire, très médiatisée en Bulgarie, suscite l’émoi de l’opinion publique. Le silence gardé par les autorités au cours des premiers jours a contribué à alimenter les thèses complotistes et les rumeurs les plus folles sur les réseaux sociaux, montrant que nombre de citoyens n’ont pas confiance en l’État. Ainsi, la présence de véhicules tout terrain des gardes-forestiers filmés lors de leur passage à proximité du site le 31 janvier a été interprétée un temps comme une intervention visant à dissimuler les preuves d’un crime.

 

Sources : Mediapool, bTV, BTA, Slobodna Evropa.