Jusqu'au dernier moment, la communication entre le gouvernement sortant de Viktor Orbán (Fidesz - Union civique hongroise) et Péter Magyar, dont la formation (Respect et liberté - Tisza) a remporté les élections du 12 avril dernier, s'est révélée tendue. Le chef du gouvernement sortant a ainsi déclaré que le Tisza avait mené une campagne « réussie, efficace et haineuse ». De son côté, le 5 mai, le futur Premier ministre (il a été intronisé le 9 mai) a posté sur sa page Facebook un message accusant le gouvernement Orbán de « dilapider sans scrupule » l’argent public, de contracter de nouveaux engagements pour un montant maximal et ainsi de « piller » délibérément les caisses de l’État.
Tel qu’exposé, il s’agirait pour le chef du gouvernement sortant de mettre en difficulté son successeur. L’ancien homme fort du pays n’a rien perdu de sa combativité, même s’il est dorénavant contesté jusque dans son camp ; des cadres du Fidesz ont en effet vu dans les derniers résultats électoraux la défaite du seul chef de file V. Orbán et non celle du parti.
Péter Magyar a rappelé que l’objectif de déficit pour Budapest en 2026 était initialement de ne pas dépasser 3,9 % du PIB. Or, le « gaspillage » de l’argent public réalisé par son prédécesseur amènerait désormais ce déficit autour de 6,8 %. Avant de prendre ses fonctions, le nouveau Premier ministre a donc appelé les ministres en fonction à ne prendre aucun nouvel engagement financier avant la formation du gouvernement Tisza, à se limiter seulement aux dépenses prévues et nécessaires. Il a promis que, dès l’entrée en fonction de son cabinet, une gestion financière plus responsable du budget mettrait fin au gaspillage de l’argent public : les membres du gouvernement sortant devront prochainement assumer la responsabilité politique de leurs choix, car « il n’y a pas de pardon pour les voleurs du peuple hongrois ».
Un documentaire sur P. Magyar a été présenté lors de la soirée d'ouverture du Festival international du film de Riviera à Sestri Levante en Italie, le 12 avril : invité d’honneur, le futur Premier ministre a déclaré que, tout comme les deux juges d’instruction italiens Giovanni Falcone et Paolo Borzalino, il avait lutté au cours des deux dernières années « contre la mafia politique et économique ».
Sources : Page Facebook de Péter Magyar, Népszava, 24 HU, Blikk.