Kirghizstan : qui doit contrôler la mine d’or de Kumtor?

La bataille pour le contrôle de la mine d’or de Kumtor, au Kirghizstan, vient de monter d’un cran alors que les autorités ont nommé une commission d’État qui doit permettre au gouvernement de reprendre provisoirement le contrôle des opérations assurées actuellement par le groupe canadien Centerra Gold. Ce dernier a répliqué en dénonçant une tentative de renationaliser sauvagement la plus grande mine d’or d’Asie centrale, qu’il a obtenue en concession aux termes de plusieurs accords signés successivement en 1992, 2003, 2009 et 2017. Pour le président de la Commission Akylbek Japarov, Centerra Gold a obtenu ces concessions grâce à la corruption des autorités précédentes. Or cette concession serait une atteinte à la souveraineté du Kirghizstan.

Le directeur général de Centerra, lui, estime que les dirigeants kirghizes ont agi avec une célérité étonnante depuis le début de l’année, refusant toute négociation portant sur le différend qui les opposent. Il est vrai que le Président kirghize, Sadyr Japarov, n’a jamais caché ses intentions concernant la nationalisation de la mine d’or, située dans sa région natale d’Issyk-Kul (nord-est du pays). Par le passé, il est intervenu de manière particulièrement visible sur ce sujet. Conformément à la loi qu’il a signée le 14 mai, le motif invoqué (violations des règles environnementales) peut justifier la mise sous contrôle de l’entreprise par les autorités dans un délai de trois mois.

Actuellement, Bichkek détient 26 % des actions de la mine. Kumtor Gold Company Inc., la seule entreprise de l’espace post-soviétique opérant dans le cadre d’un accord de concession, est le plus gros contribuable du Kirghizstan.

Le 16 mai, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) est intervenue dans le débat, exprimant ses inquiétudes face au processus en cours : si Bichkek remet en cause ses propres engagements vis-à-vis de ses partenaires étrangers, c’est la réputation du pays tout entier qui risque d’en pâtir, et de faire fuir les potentiels investisseurs.

Sources : RFE/RL, Centerragold.com, ebrd.com.

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