Lituanie : vers un assouplissement de la politique à l’égard du Bélarus?

Le prochain gouvernement lituanien, sous la houlette du Premier ministre social-démocrate Mindaugas Sinkevičius, semble vouloir adoucir sa posture à l’égard de Minsk. Le programme de gouvernement, publié le 3 juillet, remet en effet en question la politique d’isolement du Bélarus en ne mentionnant que la Russie dans son engagement à « prendre des mesures actives pour maintenir [son] isolement international ». Le gouvernement sortant, mené par Inga Ruginienė, s’était quant à lui engagé à inclure le Bélarus dans cette approche.

La nuance est légère mais la prochaine équipe appelle à « renforcer l’isolement et la pression » sur le Bélarus si le pays continue à soutenir la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine ou mène des attaques hybrides contre l’Union européenne ou l’Ukraine.

Le programme du futur gouvernement adopte également une approche différente concernant la centrale nucléaire bélarusse d’Astravets : le document n’invite plus, en effet, à la fermeture pure et simple de cette centrale située à la toute proximité de la frontière lituanienne et de sa capitale Vilnius mais précise que les autorités lituaniennes vont continuer à exprimer leurs préoccupations auprès des instances internationales en matière de sureté nucléaire concernant cette installation et à exiger que Minsk respecte les normes internationales les plus strictes en la matière.

Cet amoindrissement de la dureté du langage à l’égard du Bélarus est léger mais il intervient à un moment où Vilnius est sous pression de certains partenaires, notamment depuis que les Etats-Unis ont levé les sanctions contre la potasse bélarusse (en échange de la libération de prisonniers politiques bélarusses par le président en exercice Aliaksandr Loukachenka), potasse qui ne transite toujours pas par la Lituanie en raison des sanctions maintenues avec constance par Vilnius. Il intervient également alors que les ballons de contrebande de cigarettes bélarusses continuent de traverser la frontière, quitte à perturber parfois le trafic aérien lituanien.

Le 30 juin, la Lituanie a en revanche mis fin à l’accord avec le Belarus pourtant ratifié en 2011 par le Parlement local sur les déplacements des résidents des zones frontalières : les 98 députés de la Seimas (sans aucune abstention ni vote contre) ont dont décidé de renoncer à cet accord jamais entré en vigueur par manque d’appétence bélarusse (Minsk n’a jamais fait savoir si le texte était ratifié) et mis en cause par l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie notamment via le Bélarus en février 2022. Ce rôle actif du Bélarus avait suscité des restrictions en matière de délivrance de visas et de franchissement des frontières.

Le futur gouvernement lituanien indique par ailleurs dans son programme qu’il entend normaliser les relations avec la Chine.

Sources : lrt.lt, Delfi.