Russie : l’accord de défense Norvège/États-Unis perçu comme une démarche escalatoire

À la suite de la signature, le 16 avril 2021, d’un accord entre la Norvège et les États-Unis aux termes duquel ces derniers pourront utiliser quatre sites dédiés sur le territoire norvégien à des fins militaires conjointes, la porte-parole du ministère russe Maria Zakharova n’a pas caché son indignation : « C’est une nouvelle fois la preuve qu’Oslo abandonne progressivement la politique de restrictions » à laquelle le pays s’était jusque-là volontairement tenu, a-t-elle déclaré fin avril lors de son point de presse hebdomadaire. Pour M. Zakharova, connue pour son mode de communication très direct, « cela s’inscrit pleinement dans la politique de renforcement militaire et d’implication active de l’OTAN dans l’Arctique ».

L’accord en question permettra en effet aux Américains d’utiliser certains terrains pour le déploiement de troupes et de matériels militaires et pour l’organisation d’exercices militaires.

Selon Oslo, cette décision constitue une contribution vitale au renforcement des liens avec son principal allié au sein de l’OTAN.

Mais pour Moscou, cette approche délibérée ne pourra que contribuer à aggraver les tensions dans la région euro-arctique et aura pour effet de détériorer les relations russo-norvégiennes. Elle entrerait surtout en contradiction avec le principe norvégien maintes fois réaffirmé et selon lequel aucune base militaire étrangère ne peut être envisagée sur ce territoire en temps de paix. M. Zakharova y voit une démarche qui s’inscrit dans la politique de renforcement de la présence otanienne en Arctique.

Les infrastructures américaines devraient être installées notamment à l’aéroport d’Evenes et sur l’emplacement de la station navale voisine de Ramsund, situés à plus de 500km de la frontière entre Norvège et Russie si l’on trace une ligne droite à travers la Finlande. Autant dire, d’après la porte-parole du Ministère, « à la proximité directe de la frontière russe ». M. Zakharova n’a pas précisé que, de l’autre côté de la frontière, les bases sous-marines nucléaires de la Flotte russe du Nord, elles, se trouvent à moins de 100km de la Norvège.

Le ministre norvégien de la Défense Frank Bakke-Jensen dément, quant à lui, toute volonté de créer des tensions avec la Russie.

Sources : Ministère russe des Affaires étrangères, The Independent Barents Observer.

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