Estonie : comment votent les citoyens russes

Alors que les consulats russes de Narva et de Tartu ont été fermés après l’invasion russe de l’Ukraine de février 2022, le seul bureau de vote permettant aux citoyens russes d’Estonie de se prononcer dans le cadre de la présidentielle se situe dans l’ambassade de Russie à Tallinn. Ce bureau de vote est ouvert le 17 mars (8h-20h).

Or, environ 35 000 citoyens russes vivent dans le comté d’Ida-Viru, à l’est du pays et à la frontière russe. Moscou a décidé d’ouvrir pour eux des bureaux de vote côté russe de la frontière. L’un est installé à Ivangorod, de l’autre côté de la rivière Narva qui fait frontière entre les deux pays. Depuis le 1er février 2024, le pont qui fait poste-frontière n’est franchissable qu’à pied en raison de travaux. La Russie a en outre installé des bureaux de vote provisoires (installés dans des bus à plancher bas, précise la commission électorale russe qui s’adresse ici à une population âgée), dans les localités de Choumilkino (près de Luhamaa) et de Kounitchina Gora (près de Koidula). Des bus acheminent gratuitement les électeurs qui ont passé la frontière jusqu’aux points de vote.

L’Estonie serait le seul pays à l’égard duquel Moscou aurait décidé de mettre en place une telle organisation. Certains, en Estonie, y voient un signalement clair de la perception par la Russie de son influence sur cet État.

Un certain nombre de ces électeurs russes potentiels ont néanmoins annoncé qu’ils renonceraient sans doute à se prononcer, ne pouvant ou ne voulant se rendre dans la capitale située à près de 200km et disant avoir peur de franchir une frontière qui risque à la fois d’être engorgée et de donner lieu à de stricts contrôles.

En 2018, plus de 28 000 Russes d’Estonie (sur les 83 000 électeurs russes potentiels du pays) avaient pris part à l’élection présidentielle russe et 94 % d’entre eux avaient voté en faveur de V. Poutine.

Le 15 mars, les responsables des commissions des affaires étrangères des parlements de 20 pays d’Amérique du Nord et d’Europe (dont l’Estonien Marko Mihkelson) ont émis une déclaration commune, estimant que le scrutin russe de mars 2024 n’était ni libre ni juste, et relevant que le vote organisé dans les territoires occupés d’Ukraine, illégal, ne serait pas reconnu par la communauté internationale.

Sources : ERR.ee, Postimees.ee, Novayagazeta.ee.