Moldavie : régler la question de la dette du gaz russe de Transnistrie

Alors que la Russie et la Roumanie viennent de résilier le contrat de transport de gaz qui les liait a priori jusqu’à fin 2023 et qui empêchait Bucarest de vendre le gaz russe acheminé sur son territoire à des pays tiers, la Moldavie vient de tirer son épingle du jeu : avec l’Ukraine, elle pourra bénéficier de livraisons de gaz russe ou azerbaïjanais arrivé en Roumanie en particulier via le tube TurkStream. En outre, l’Ukraine pourra désormais envoyer du gaz stocké sur son territoire vers la Moldavie et la Roumanie en flux inversés, grâce à un tube réalisé durant la présidence d’Igor Dodon et qui relie le sud de la Moldavie à la Roumanie.

La présidente moldave Maia Sandu en a profité pour s’attaquer au problème de la Transnistrie qui, consommatrice de gaz russe, laisse Chisinau s’acquitter de la facture auprès de Gazprom. Pour la Présidente, une dette de 7,5 milliards de dollars attribuée à Chisinau revient de fait à la république séparatiste. Très engagée depuis son élection en vue d’éliminer autant que faire se peut les facteurs de dépendance de son pays vis-à-vis de la Russie, M. Sandu s’est tournée vers le Procureur général pour mettre en cause les accords signés avec la Russie sur la fourniture de gaz à la Transnistrie. En effet, une part de ce gaz est consommée par de grandes entreprises de Transnistrie, telles que l’usine métallurgique de Rybnitsa ; celle-ci, au terme d’une procédure pour le moins opaque, paie son gaz à Tiraspoltransgaz Pridnestrovie. À partir de là, l’argent qui devrait revenir vers Chisinau disparaît. Maia Sandu souhaite donc que le gouvernement moldave n’ait plus à s’acquitter des dettes qui ne lui reviennent pas.

Sources : Nezavissimaïa Gazeta, Riafan.ru, Rueconomics.ru.

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