Il n’a pas échappé aux responsables russes que le président américain Donald Trump avait affirmé qu’il était « vital » de prendre le contrôle du Groenland pour des raisons de sécurité nationale, sinon « la Russie ou la Chine » le feraient à la place des Etats-Unis.
Depuis, le Kremlin et les blogueurs qui en sont proches accusent l’Occident de vouloir « militariser » l’Arctique sous le prétexte fallacieux d’une menace croissante de la part de Moscou et de Pékin : selon l’ambassade de Russie à Bruxelles, l’OTAN utiliserait les déclarations de D. Trump « uniquement pour faire avancer un programme anti-russe et anti-chinois ». Le ministre russe des Affaires étrangères a de son côté rappelé que Moscou souhaitait que l’Arctique reste « une région de paix, de dialogue et de coopération équilibrée ».
Le Danemark ne ferait que subir le « châtiment du destin » en raison de ses sentiments anti-russes, comme l’a exprimé Sergueï Markov, analyste politique pro-Kremlin qui fait grief à Copenhague d’avoir alimenté une « hystérie russophobe qui a conduit à répandre le mensonge selon lequel le Groenland était menacé par la Russie ». Selon lui, si D. Trump veut prendre le Groenland, c’est parce qu’avec son armée faible, le Danemark ne serait pas en état de défendre l’île contre une attaque fantasmée par la Russie ; les Etats-Unis sont donc dans l’obligation de se saisir du Groenland.
Les mêmes se gaussent de ce qu’ils décrivent comme l’incapacité de l’Europe à défendre le Groenland. La porte-parole du ministère des Affaires étrangères Maria Zakharova a moqué l’impuissance de l’UE : « Qu’ils regardent ce qu’ils ont dit à propos de la Crimée. Il serait très utile qu’ils s’indigent à propos du Groenland ! », a-t-elle déclaré lors d’une interview accordée à la radio Spoutnik et précisant que l’UE ne devrait pas se disperser mais tenter de se concentrer sur les affaires européennes : « Ne pensez-vous pas que la situation en Iran est devenue un ‘prétexte commode’ pour les responsables de l'UE afin de détourner l'attention du public du fait qu'une île leur est enlevée, sans référendum ? »
Poussant l’ironie un peu plus loin, le vice-président du Conseil de sécurité Dmitri Medvedev a estimé que les Groenlandais pourraient organiser un référendum pour rejoindre la Russie si D. Trump tardait trop à agir. Et de moquer la capacité de l’Europe à défendre l’île : « Que feront-ils ?!... Lancer une bombe nucléaire sur les Etats-Unis ? Ils vont juste se chier dessus et abandonner le Groenland. Et ce serait un excellent précédent européen. »
Sources : The Moscow Times, chaînes Telegram de l’ambassade de Russie à Bruxelles, de Maria Zakharova et de Dmitri Medvedev, compte X de D. Medvedev, rbc.ru.