Un obscur village géorgien: Reportage

Reportage dans un village géorgien, dont les habitants se battent depuis des années pour avoir accès à l'électricité, entre autres connexions leur manquant pour prétendre à une vie correcte. Okrossopéli, avril 2012.


femme et homme assis dans une maison géorgienneEn 2012, Okrossopéli est un village géorgien sinistré, privé de toute source énergétique. Et ce alors que le gouverneur de la région avait assuré qu’en 2011, ses habitants seraient de nouveau raccordés au réseau électrique. Photoreportage dans une zone abandonnée, où les villageois désespèrent un jour de retrouver une vie décente.


Okrossopéli (village doré) est un village géorgien près de la frontière de l’Ossétie du Sud où près d’une trentaine de familles mixtes, géorgiennes et sud ossètes, résident dans des conditions extrêmes: pas de gaz, système de distribution d’eau très endommagé et aucune route goudronnée.


Les villageois font de plus face à l’absence totale d’électricité. Dans les années 1990, la Géorgie nouvellement indépendante sombre dans la guerre civile et les crises économiques, politiques et sociales. Poteaux et câbles électriques ont alors été dérobés, sans jamais être remplacés depuis.


Victor Boghochvili, résident d’Okrossopéli, raconte les innombrables difficultés à y vivre en hiver, coupé du monde. Le village se vide progressivement de ses habitants, majoritairement des éleveurs de bovins. « On n’en peut plus d’attendre de l’aide. On ne demande pas grand-chose pourtant. Que le gouvernement nous offre le statut de réfugié [comme pour les déplacés d’Ossétie du Sud, qui ont fui la zone sous occupation russe après le conflit d’août 2008], ainsi nous pourrons quitter cet endroit une fois pour toutes ! »


Le représentant du gouvernement pour le village, Djaba Tchoutkerachvili, affirme avoir déjà discuté du budget annuel alloué au village lors d’un conseil de village. Il a alors été décidé d’offrir à chaque foyer un groupe électrogène.


Pour Victor Boghochvili, présent lors du conseil, il s’agissait d’une énième promesse non tenue des autorités, car les générateurs n’ont jamais été distribués. La famille Boghochvili jouit toutefois d’un petit générateur prêté par des amis, lui permettant d’avoir un peu d’électricité.

* Journaliste, photoreporter, Tbilissi
** Journaliste, veille médiatique à Transparency International, Tbilissi

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