La Commission européenne a présenté le 6 février une proposition de 20ème paquet de sanctions à l’encontre de la Russie, prévoyant un durcissement visant notamment les services maritimes liés au transport de pétrole, mais aussi les banques et les filières de contournement. L’objectif est d’aboutir avant la fin du mois, à l’approche de la commémoration des quatre ans de la guerre d’agression russe contre l’Ukraine.
Pour la Slovaquie de Robert Fico, cette nouvelle séquence arrive sur un terrain déjà balisé. Depuis 2025, Bratislava a adopté une posture de contestation quasi permanente en matière de sanctions, au point d’en faire un marqueur identitaire. Le 5 juin 2025, le Parlement slovaque avait adopté une résolution appelant le gouvernement à ne pas soutenir de nouvelles mesures contre Moscou. Même non contraignante, elle a fourni un alibi politique commode à chaque bras de fer.
La mécanique est désormais connue et, en 2026, elle ressemble moins à un accident qu’à une méthode. À domicile, l’exécutif parle aux électeurs sur le registre de la protection sociale et industrielle, avec l’argument répété des prix de l’énergie et de l’industrie automobile. À Bruxelles, la même équipe fait du sujet un levier de négociation. Au cours de l’été et de l’automne 2025 R. Fico a bloqué un paquet de sanctions, puis a laissé passer le texte après l’obtention de garanties sur les approvisionnements en gaz et la sécurité énergétique, tout en accusant l’opposition de saboter la position slovaque. Quelques mois plus tard, il s’est dit prêt à soutenir un nouveau paquet, à condition d’obtenir des formulations et des concessions sur l’énergie, les émissions et l’automobile.
Ce double langage a toutefois un coût politique intérieur. Il nourrit une fracture durable entre une partie de la société attachée à l’ancrage européen, et un gouvernement qui revendique une souveraineté de plus en plus conflictuelle. Désormais, l’obstruction de Bratislava est un mode de gouvernement.
Avec le 20ème paquet de sanctions, l’UE retrouve donc un dilemme familier : céder sur des garanties sectorielles pour préserver l’unité au risque d’encourager la surenchère, ou durcir le rapport de force et assumer une confrontation avec un État membre.
Sources : Actuality.sk, SME Domov.sk, Správy.sk.